OPALKA 1965/1-infini

Publié le 24 mars 2014 Mis à jour le 9 octobre 2017
du 26 avril 2012 au 15 juin 2012
Vernissage le jeudi 26 avril 2012 à 18H
Exposition ouverte du lundi au vendredi de 10h à 17h
La Fabrique - Le Cube et La Galerie
CIAM La Fabrique
CIAM La Fabrique

Exposition exceptionnelle consacrée à Roman Opalka















Du 26 avril au 15 juin le Centre d’Initiatives Artistiques de l’Université de Toulouse II-Le Mirail (CIAM) organise une exposition inédite des œuvres de l’artiste de renommée internationale Roman Opalka. Après un ensemble de manifestations qui se sont tenues à Londres, à Venise, à Vienne, à Milan, à Thonon-les-Bains et au Mans, l’exposition toulousaine rend hommage à un artiste majeur de la création contemporaine qui a vécu plus de vingt ans dans le sud-ouest de la France. Français d’origine polonaise, l’artiste a profondément marqué la ville de Toulouse de son empreinte en réalisant une œuvre pour la station de métro Université Paul Sabatier. Conçue par les commissaires Jérôme Carrié et Philippe Piguet, l’exposition intitulée « Roman OPALKA 1965/1-∞ » rassemble peintures, dessins, autoportraits, bande son et installation vidéo. Autant d’œuvres qui permettent d’appréhender la démarche de Roman Opalka selon un dispositif spécifiquement pensé pour le lieu d’exposition.
 

Roman Opalka - OPALKA 1965/1-∞


Au printemps 2011, Roman Opalka avait accepté l’invitation du CIAM d’exposer à La Fabrique et de participer à une journée de colloque autour de son oeuvre au sein de l’Université de Toulouse II- Le Mirail. Désireux d’honorer la mémoire de l’artiste disparu le 6 août dernier, nous avons décidé, avec l’accord de Marie-Madeleine Gazeau Opalka, son épouse, de maintenir le programme prévu. Ayant réuni des dessins et des peintures antérieurs à 1965, les expositions réalisées à Thonon-les-Bains et au Mans sous le titre « Le vertige de l’infini » ont permis d’éclairer la trajectoire et la perspective du projet opalkien. L’exposition toulousaine intitulée « Roman Opalka – OPALKA 1965/1-∞ » privilégie les oeuvres du programme élaboré par l’artiste à partir de 1965, mettant l’accent sur son processus de création et sur le développement théorique de son travail. 

Unanimement reconnue pour son importance, la démarche de Roman Opalka relève d’un véritable « projet de vie ». C’est en 1965 que l’artiste eut une véritable révélation qui lui permit d’assouvir son désir de visualiser le temps. À partir de cette date, Opalka décide de peindre en blanc sur des toiles noires de même dimension la suite des nombres de 1 à l’infini. De ligne en ligne, le peintre poursuit son processus de numération en commençant ses tableaux systématiquement en haut à gauche pour les finir en bas à droite. Ainsi de suite, de toile en toile. En 1972, Opalka entreprend d’ajouter à chaque nouveau tableau un pour cent de blanc au noir du fond, si bien que les nombres se fondent progressivement dans le support sur lequel ils sont inscrits. Les chiffres étant peints en blanc sur des fonds gris de plus en plus clairs, l’oeuvre d’Opalka avance inexorablement vers l’invisibilité de l’écriture en blanc sur blanc et vers l’ultime étape du « monochrome mérité ».

À partir de cette même période, Opalka enregistre quotidiennement le son de sa voix prononçant les nombres qu’il est en train de peindre. Enfin, il termine chaque séance de travail en réalisant son autoportrait photographique devant sa toile en cours de réalisation. Après une quinzaine d’années d’élaboration de ce programme, l’artiste commence à présenter ces images aux côtés de ses tableaux.

Durant plus de quarante-cinq ans, l’artiste n’aura pas dévié de sa tâche. Au moment de sa disparition, Roman Opalka peignait son 236e tableau. Suspendue au nombre 5 607 249, cette dernière toile achève une oeuvre immense. L’économie des moyens laisse une oeuvre foisonnante où le temps d’une existence se déploie au fil des tableaux et des photographies, des nombres et des visages.

Conçue selon un dispositif mettant en présence les différents éléments du programme opalkien, l’exposition du Ciam rassemble deux « Détails », deux textes, une série d’autoportraits photographiques, cinq « Cartes de voyage » ainsi qu’un environnement sonore et une installation vidéo. Le titre de l’exposition reprend le nom que Roman Opalka avait lui-même donné à l’ensemble de son programme.

Rendue possible par un prêt d’oeuvres exceptionnel, la présente exposition a bénéficié du concours du FRAC Aquitaine, du Centre Georges Pompidou, du Studio Roman Opalka et de la Galerie Yvon Lambert ainsi que du soutien du musée des Abattoirs de Toulouse et de la société Tisséo. Elle marque une étape importante dans l’approfondissement de l’oeuvre d’une des expressions majeures de l’art des cinquante dernières années. 

Jérôme Carrié et Philippe Piguet
Commissaires de l’exposition « Roman Opalka – OPALKA 1965/1-∞ »
Responsables scientifiques de la Journée d’étude « Roman Opalka – temps, visage, infini »

Partenaires :
les Abattoirs - Frac Midi-Pyrénées
Frac Aquitaine
Galerie Yvon Lambert
Mairie de Toulouse
Sémaine polonaise de Toulouse
Tisséo
Contact :
Jérôme Carrié