CULTURES DU MONDE

 

Célébration des métissages musicaux

 

            Les choix artistiques qui figurent dans cette programmation ont comme fil conducteur des spectacles issus d'interactions de deux ou de plusieurs systèmes culturels. De l'Afrique, à l'Orient, en passant par le Maghreb, le tout est revisité par des références musicales européennes. La scène donne à voir et à entendre des œuvres créées au cœur du bruit du monde. Des artistes des cinq continents se donnent rendez-vous, ici, à La Fabrique, sur la scène, pour donner du sens au monde contemporain.

 

            Les ensembles musicaux retenus sont d'horizons différents et d'expériences plus ou moins récentes. Les uns occupent la scène depuis des décennies (Momar Kane), tandis que d'autres l'investissent depuis peu (Ensemble méditerranéen).

 

            D'autres s’en retirent, s'effacent, laissant place (le cas d'Izza Génini) à ses documentaires sur les musiques du Maroc comme trace d'œuvres enrichissant le Patrimoine culturel de l'Humanité. On peut en dire autant du réalisateur Hamid Derrouich et de son film sur l'aventure interculturelle et spirituelle des moines bénédictins de Toumliline (Maroc).

 

            Pour sa part, Jacques Albert propose un solo théâtral, cinématographique et théorique sur la destructivité humaine. Il s'agit d'un spectacle qui articule une partie fictionnelle et une partie théorique. Dans la première partie, on voit un mercenaire engagé au Yémen qui parle avec des proches sur Skype. La perspective est celle de la « banalité du mal  ».

 

            La scène, habitée par des acteurs, façonnée par les professionnels des sons et des lumières, suggère une certaine sacralité ou « du moins, comme dans le cas du musée, quelque chose qui a trait au sacré » (Catherine Clément, 2007). Nous avons en mémoire les nombreux spectacles donnés sur scène par la confrérie des Gnawa-s. Les étoffes colorées qu'ils portent sont désacralisées quand ils quittent la Zawiyya/l'espace initiatique. Les couleurs des vêtements et des instruments musicaux se réduisent à des costumes ou un décor de scène.

 

            La reconnaissance des identités minoritaires devient une réalité qui exprime ses œuvres artistiques sur scène, mais aussi sur les murs qui deviennent le réceptacle de toutes ces mémoires et les expressions artistiques (exposition photographique de Dominique Clévenot, visible à La Fabrique, de novembre à décembre).

 

Mohammed Habib Samrakandi

 


  TRENTE ANS D'HORIZONS MAGHREBINS


  Secteur CULTURES DU MONDE - CIAM La Fabrique